CrĂ©er l’enthousiasme pour l’excellence opĂ©rationnelle dans l’usine!
(Creating Plant-wide Enthusiasm about Operational Excellence)
Par Jean-Pierre Amiel, Responsable internet, ASQ CQAÂ (English Text follows)
Ce que j’en retiens: Une expĂ©rience vĂ©cue avec une rĂ©ussite inspirante.
Au cours de notre vie professionnelle, nous pouvons ĂŞtre amenĂ©s Ă rĂ©aliser un projet de transformation. Mais parfois, il y a ce “je ne sais-quoi” qui peut manquer et donc, le projet ne se rĂ©alise pas. Ce 2024.09.25, Annie Quevillon et son Sensei (coach) Martin Carignan ont partagĂ© avec nous, une partie de la sagesse acquise qui les a amenĂ©s Ă un voyage de transformation de trois ans (2015-2018) couronnĂ© de succès. La prĂ©sentation Ă©tait en français, les diapositives en anglais et les Ă©changes dans les deux langues. Annie a partagĂ© avec nous huit chapitres de son livre d’expĂ©riences pour la mise en Ĺ“uvre d’une expĂ©rience opĂ©rationnelle (OpEx) dans une usine de pâtes et papiers, tandis que Martin a donnĂ© le point de vue du consultant pour chaque chapitre et a identifiĂ© les principes clĂ©s de la rĂ©ussite de cette OpEx. C’Ă©tait Ă la fois divertissant et intĂ©ressant. Voici quelques points forts des chapitres de cette histoire:
đź“– 1 – Au secours, nous avons un problème majeur! En 2015, la papeterie Ă©tait en mode de dĂ©marrage pour un nouveau produit qui nĂ©cessitait un nouveau processus et une optimisation de la qualitĂ©. Elle disposait de bons outils (DCS, PI, procĂ©dures, etc.) et d’excellents collaborateurs (450 employĂ©s), de bonnes connaissances, de l’expĂ©rience, d’une courbe d’apprentissage rapide et de l’engagement et de la volontĂ© de rĂ©ussir. Annie a Ă©tĂ© chargĂ©e d’identifier et de rĂ©soudre de nombreux problèmes qui ne donnaient pas les rĂ©sultats escomptĂ©s. Elle a rapidement identifiĂ© deux problèmes majeurs: un blocage (une perte de 3 millions de dollars par an) et des coups de bĂ©lier (une perte de 2,1 millions de dollars par an). Elle est alors chargĂ©e d’aider un DMAIC avec une Ă©quipe pluridisciplinaire interne. RĂ©sultats: des gains de 2,7 et 2,1 millions de dollars par an respectivement. Impressionnant. De cette expĂ©rience, elle a appris la force de l’Ă©quipe et des employĂ©s – une solution proposĂ©e par des experts coĂ»tait 2 millions de dollars, mais l’Ă©quipe interne a trouvĂ© une solution Ă 10 000 dollars, dĂ©veloppĂ©e Ă partir de l’idĂ©e d’un opĂ©rateur. Bien qu’ils aient eu l’impression d’avoir rĂ©solu le problème, ils ont dĂ» apprendre Ă travailler en Ă©quipe et Ă faire confiance au processus DMAIC.
•   Faire: Commencer avec un Ă©tat d’esprit de rĂ©solution de problèmes.
•   Ne pas faire: CrĂ©er des “douleurs” en imposant des normes/solutions venues d’ailleurs ou en rĂ©solvant des problèmes qui ne sont pas les vĂ´tres.
đź“– 2 – Le danger des tableaux blancs: Dans une autre usine, le prĂ©sident a vu une OpEx rĂ©ussie et a voulu la reproduire en crĂ©ant un poste de responsable OpEx, avec peu d’expĂ©rience en matière d’amĂ©lioration continue ou de Kaizen, et a donnĂ© son premier mandat: installer des tableaux d’affichage blancs.
•   Faire: Assurez-vous d’avoir une vision pour l’OpEx et un POURQUOI significatif. Apprendre les outils, c’est bien, mais apprendre l’Ă©tat d’esprit et les principes, c’est essentiel.
•   Ne pas faire: penser que l’OpEx n’est qu’une question d’outils: Tableaux blancs et DRS, maintenance autonome, changement rapide, etc. Construire une feuille de route basĂ©e sur les outils et non sur les douleurs.
đź“– 3 – CrĂ©ation d’une communautĂ© de ceintures noires et vertes: Certification de trois ceintures noires, entretiens et certification de dix ceintures vertes. L’importance pour l’usine – Un groupe de personnes utilisant le mĂŞme langage, les mĂŞmes rituels, les mĂŞmes outils, ce qui facilite la contamination/motivation des autres. C’Ă©tait comme dĂ©couvrir un tout nouveau monde – une pensĂ©e statistique et un Ă©tat d’esprit.
•   Faire: Adapter la rĂ©solution des problèmes Ă votre environnement permet d’amĂ©liorer les performances ET de dĂ©velopper les personnes.
•   Ne pas faire: mettre en œuvre trop de normes sans procéder à une résolution adéquate des problèmes.
đź“– 4 – Engager les personnes Ă tous les niveaux: Plus de formation – ceinture blanche pour tous les employĂ©s et ceinture jaune pour les superviseurs et les personnes intĂ©ressĂ©es. Des petites Ă©tapes ont Ă©tĂ© franchies et les normes et les outils ont Ă©tĂ© utilisĂ©s.
•   Faire: IntĂ©grer l’OpEx dans la routine quotidienne en crĂ©ant de petits changements dans les croyances, les actions et l’expĂ©rience des gens.
•   Ne pas faire: Remettre en question les petites Ă©tapes parce qu’elles ne donnent pas les “GRANDS” rĂ©sultats finaux escomptĂ©s.
đź“– 5 – La nĂ©cessitĂ© de s’attaquer au gaspillage de leadership: DĂ©finition des plates-formes “brĂ»lantes” et dĂ©termination de l’urgence par rapport Ă l’importance. CrĂ©ation d’un tableau des très hautes prioritĂ©s (THP) visible par tous. Examen de ce tableau lors des rĂ©unions de prĂ©paration avec les responsables de processus et la direction afin de dĂ©finir les actions/obstacles et d’Ă©tablir des processus de hiĂ©rarchisation.
•   Faire: Veiller Ă ce que l’Ă©quipe dirigeante reçoive une formation sur ses “gaspillages” afin de faciliter son encadrement.
•   Ne pas faire: mettre en œuvre des outils et des pratiques OpEx sans remettre en question les comportements, les actions et les croyances des dirigeants.
đź“– 6 –  DĂ©marrer Hoshin Kanri (planification stratĂ©gique): Planification stratĂ©gique, exĂ©cution et unitĂ©s opĂ©rationnelles. Mode rĂ©actif contre planification (biais culturel pour reconnaĂ®tre les “pompiers”).
•   Faire: Mettre en Ĺ“uvre un système de gestion des ressources humaines liĂ© Ă Hoshin Kanri. RĂŞver d’ĂŞtre meilleur.
•   Ne pas faire: DĂ©finir une stratĂ©gie et des initiatives sans système de gestion quotidienne pour soutenir l’exĂ©cution.
đź“– 7 –  Se concentrer sur nos superviseurs: Le leadership lean/servant, le rĂ´le des superviseurs a dĂ» changer, les opĂ©rations lean standard et le coaching.
•   Faire: Demander aux Ă©quipes d’Ă©laborer des normes pour faciliter le travail d’Ă©quipe et identifier les lacunes.
•   Ne pas faire: Supposer que diriger le travail standard se résume à avoir un agenda standard ou à effectuer des audits.
đź“– 8 – Les bĂ©nĂ©fices et conclusions:
Annie: Nous avons constituĂ© une Ă©quipe autour d’un objectif commun, rĂ©solu de nombreux problèmes de manière permanente, les performances se sont amĂ©liorĂ©es, les employĂ©s ont eu le sentiment de contribuer, ils ont pu se projeter dans l’avenir et planifier en Ă©quipe, les gens se sont dĂ©couverts de nouveaux talents et certains ont orientĂ© leur carrière dans l’OpEx. Beaucoup d’efforts ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s pour responsabiliser les employĂ©s et veiller Ă ce que le personnel Ă tous les niveaux reçoive une formation adĂ©quate et des outils d’analyse. Le dĂ©veloppement des personnes est aussi important que les rĂ©sultats. Ce que nous avons vĂ©cu au cours de ce voyage OpEx nous suit. Ce n’est pas une recette, mais cela donne des rĂ©sultats et contribue Ă amĂ©liorer le lieu de travail. Malheureusement, l’Ă©conomie de l’industrie des pâtes et papiers a eu un impact majeur sur l’usine qui a fermĂ© ses portes deux ans plus tard. Mais rĂ©cemment, le marchĂ© a changĂ© et les activitĂ©s ont redĂ©marrĂ©. Annie est convaincue que tous les investissements dans la formation seront bientĂ´t rĂ©compensĂ©s par la reprise des activitĂ©s.
Martin: L’OpEx est un changement de culture . . . ce n’est pas un dĂ©partement! Il existe de nombreuses façons de commencer et de faire fonctionner l’OpEx, mais certains principes doivent ĂŞtre respectĂ©s. Le changement prend du temps . . . ce n’est pas une course, c’est un marathon et l’enthousiasme pour l’OpEx n’est pas instantanĂ©, mais il est contagieux.
En terminant, j’aimerais remercier Martin Carignan et souligner qu’il est un prĂ©sentateur rĂ©gulier de la section de MontrĂ©al de l’ASQ et un ancien membre de l’Ă©quipe de direction. Il s’agit de sa cinquième prĂ©sentation avec nous (sa première Ă©tait en 2003) et ses sujets ont toujours Ă©tĂ© intĂ©ressants et motivants. C’est la première fois qu’Annie Quevillon vient nous voir. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans ses projets futurs et nous espĂ©rons qu’elle reviendra nous parler de son nouveau livre. 🤔
Vous avez vraiment manqué une opportunité.
My Take-away: A real-life experience with a success story that inspires.
During our professional life we may be asked to realize a transformation project. But sometimes, there is that “je ne sais-quoi” that may be missing and so, the project does not come to fruition. Well, Annie Quevillon and her (Sensei) coach Martin Carignan, shared with us this 2024.09.25, some of the acquired wisdom that brought them to a successful three-year transformation journey (2015-2018). The presentation was in French, the slides were in English and the exchanges were in both languages. Annie shared with us eight chapters of her book of experiences for implementing an Operational Experience (OpEx) in a pulp and paper mill, while Martin provided the consultant’s perspective for each chapter and identified the key principles for that OpEx success. It was entertaining as well as interesting. Here are some highlights of the chapters of that story:
đź“– 1 – Help, we have a major issue! Back in 2015, the paper mill was in start-up mode for a new product which required a new process and quality optimisation. They had good tools (DCS, PI, procedures, etc.) and great people (450 employees), good knowledge, experience, a quick learning curve and, the engagement and the will to succeed. Annie was tasked to identify and resolve many issues that did not give the expected results. She readily identified two major problems: a blockage (a loss of 3M$/year) and water hammering (a loss of 2.1M$/year). She was then tasked to work on a DMAIC with an internal multi-disciplinary team. The results: gains of 2.7 and 2.1M$/year respectively. Impressive. From that experience, she learned the strength of the team and the employees – a solution proposed by experts at 2M$ cost, but the internal team found a 10,000$ solution, developed from an operator’s idea. Although they felt they had solved the problem, they needed to learn how to really work as a team and to trust the DMAIC process.
•   Do: Start with a problem-solving mindset.
•   Don’t: Create “pains” by pushing standards/solutions from elsewhere or solving problems that are not yours.
đź“– 2 – The danger of white boards: In another mill, the President saw a successful OpEx and wanted to replicate its success by creating an OpEx Manager position, with little background in continuous improvement or Kaizen, and gave his first mandate: install white display boards.
•   Do: Make sure you have a vision for OpEx and a meaningful WHY. Learning the tools is great but learning the mindset and principles is essential.
•   Don’t: Think OpEx is only about tools: White boards and DRS, Autonomous maintenance, Rapid changeover, etc. Build a roadmap based on tools and not on pains.
đź“– 3 – Building a community of Black and Green belts: Certified three Black Belts and held interviews and certified 10 Green Belts. The importance for the mill – One group of people using the same language, same rituals, same tools, making it easier to contaminate/motivate the others. It was like discovering a whole new world – Statistical thinking and a mindset.
•   Do: Adapting problem solving to your environment allows to improve performance AND develop people.
•   Don’t: Implement too many standards without proper problem solving.
đź“– 4 – Engaging people at all levels: More training – White Belt for all employees and Yellow Belt for supervisors and people interested. Did small steps and used the standards and tools.
•   Do: Integrate OpEx in the daily routine by creating small changes in people’s beliefs, actions and experience.
•   Don’t: Challenge small steps because they don’t give the final “BIG” expected results.
đź“– 5 – The need to address leadership waste: Defined “burning” platforms and determined what is Urgent vs. Important. Created a Very High Priority (VHP) board visible to all. Reviewed the VHP at standup meetings with process owners and management to define actions/roadblocks and establish processes to prioritize.
•   Do: Ensure the leadership team gets training on their “wastes” to facilitate their coaching.
•   Don’t: Implement OpEx tools and practices without challenging the leadership on their behaviours/actions/beliefs.
đź“– 6 – Starting Hoshin Kanri (strategic planning): Strategic planning, execution and business units. Reactive mode vs. planning (culture bias to recognize the “firefighters”).
Do: Implement a Daily Management (DM) system connected by Hoshin Kanri. Dream to be better.
Don’t: Define strategy and initiatives without a DM system to support execution.
đź“– 7 – Focusing on our supervisors: Lean/servant leadership, the supervisor role had to change, lean standard work and coaching.
•   Do: Have teams develop standards to facilitate teamwork and identify the gaps.
•   Don’t: Assume leading standard work is just having a standard agenda or doing audits.
đź“– 8 – Benefits and conclusions:
Annie: We built a team towards a common goal, solved many problems permanently, performance was getting better, employees felt they contributed, they were able to look ahead and plan as a team, people discovered new talents and some oriented their career in OpEx. A lot of efforts went into empowering employees and ensuring that personnel at all levels received adequate training and analysis tools. People’s development is as important as the results. What we lived in that OpEx journey follows us. It is not a recipe, but gives results and contributes to make a better work place. Unfortunately, business economics in the pulp and paper industry had a major effect on the plant which closed two years later. But recently, the market changed and operations have now restarted. Annie believes that all the investment in training will soon pay-off in their renewed operations.
Martin: OpEx is a culture change . . . it is not a department! There are many different ways to start and make it work, but some principles must be respected. Change takes time . . . it is not a race, it’s a marathon and enthusiasm about OpEx is not instantaneous, but it is contagious.
In closing, I would like to thank Martin Carignan and point-out that he is an ASQ Montreal Section regular presenter, and past Team Leader. It is his fifth presentation with us (his first was in 2003) and his subjects have always been interesting and motivating. It is the first time for Annie Quevillon. We wish her continued success in her future endeavours and hope she may return to tell us about her new book. 🤔
You really missed something!
En ce qui me concerne, je fais partie de la section de MontrĂ©al depuis plus de 45 ans. J’ai assumĂ© de nombreux rĂ´les et tâches bĂ©nĂ©voles au cours de ces annĂ©es et cela a toujours Ă©tĂ© un dĂ©fi, un processus d’apprentissage, mais toujours gratifiant. J’ai Ă©tĂ© tĂ©moin de nombreux changements dans notre monde et dans le domaine de la qualitĂ©. Mais, comme on dit, il est temps pour moi de tirer ma rĂ©vĂ©rence. J’espère que vous avez apprĂ©ciĂ© mon humble contribution pendant toutes ces annĂ©es et que vous pouvez Ă©galement vous engager auprès de VOTRE section en y participant en tant qu’invitĂ©, membre, bĂ©nĂ©vole de l’Ă©quipe de direction ou prĂ©sentateur. Les dĂ©fis et les expĂ©riences d’apprentissage vous attendent.Â
As for me personally, I have been with the Montreal Section for over 45 years. I have taken on many volunteer roles and tasks over those years and it has always been sometimes challenging, a learning process, but always rewarding. I have witnessed many changes in our world as well as in the quality field. But, as they say, it is now time for me to bow out. I hope that you have enjoyed my humble contribution all these years and that you can also make a commitment to YOUR section by participating either as a guest, a member, a Leadership Team volunteer or a presenter. The challenges and learning experiences await you.
Jean-Pierre Amiel
“We’ll meet again, Don’t know where, Don’t know when, But I know we’ll meet again some sunny day…“
From a 1939 song by English singer Vera Lynn, music and lyrics by Ross Parker and Hughie Charles.
